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    Mardi 25 Juillet 2017, Yom Chelichi


469. Quand doit-on mettre les Téfiline de Rabbénou Tam ?
Posté par ralph le 12/08/2007 à 20:42:54
Chalom,

Ma question est en rapport avec le Téfiline de Rabbénou Tam.
Quelle est la différence avec les Téfiline de Rachi ?
Si on désir les porter, comment le faire, car ayant des Téfiline de Rachi tres volumineux, il n'est pas possible de les porter en meme temps. Dois-t-on les mettre aprés avoir reciter la 'Amida et avant la 'Hazara ? Dois-t- on redire la Bérakha?
Y a t-il d'autre choses à savoir à ce sujet. C'est une Mitsva qui m'attire beaucoup et j'aimerais m'y attacher. Merci de m'éclairer à ce sujet car je ne voudrais pas faire de fautes en voulant faire une Mitsva.
Cordial Chalom

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 29/10/2007 à 20:14:53
Nous avons déjà rapporté quelques principes généraux concernant les Téfilline de Rachi et de Rabbénou Tam dans la réponse « Téfiline de Rabbénou Tam : obligation ou comportement pieux ? » , qu’il est fortement conseillé de la consulter pour la bonne compréhension du sujet.

Nous allons aborder ici, avec l’aide de D’, la manière de les mettre.

A priori, il aurait fallu mettre les deux paires simultanément et les porter sur soi pendant toute la prière du matin. Il y a à cela plusieurs raisons :

a) Nous avons déjà vu que l’on ne faisait la Bérakha (bénédiction) que sur les Téfiline de Rachi. C’est pourquoi, si on les met ensemble au moment où l’on fait la Bérakha sur les Téfiline de Rachi, on aura l’avantage de pouvoir inclure par la pensée la paire de Rabbénou Tam.
b) Cela permettrait en outre de porter les deux paires pendant la durée de toute la prière et en particulier pendant le Kériate Chéma’ et la ’Amida. En effet, rappelons que d’après les Mékoubalim (Kabbalistes) il existe une obligation de porter les deux paires car chacune d’entre elles est considérée comme Kachèr. Ce qui revient à dire que pour réaliser la Mitsva dans son intégralité, il est nécessaire de mettre les deux paires. Il convient donc de les avoir sur soi au moment de la prière.

Toutefois pour les raisons techniques qui suivent, il semble malgré tout préférable de les mettre successivement et non pas simultanément (1).

a) Pour réaliser la Mitsva, il est nécessaire que les deux paires puissent s’insérer dans les limites de l’emplacement déterminé par la Halakha sur le bras et sur la tête. A savoir que la boîte (Téfilla Chèl Yad) posée sur le bras ne doit pas dépasser vers le haut le milieu du biceps d’une part, et doit laisser d’autre part un espace de deux doigts (quatre centimètres) entre le bas des Téfiline et la pliure du coude.

Dans le cas contraire, il n’aura pas accompli la Mitsva et la bénédiction aura probablement été prononcée en vain (2).

Par conséquent, il faudra que chaque paire fasse au maximum quatre centimètres soit pour les deux, huit centimètres.

De même, la boîte que l’on appose sur la tête ( Téfilla Chèl Roch) doit être placée dans l’espace limité vers le haut par la fontanelle et vers le bas par la racine des cheveux (ou pour les personnes âgées par l’endroit où se situait cette racine dans leur jeunesse).
Or, il est bien évident que l’espace en question dépend de la taille de chaque individu. On comprend aisément que certaines personnes ne possèdent pas un espace suffisant pour poser les deux paires simultanément.

b) Comme nous l’avons vu précédemment, pour être mises simultanément, les deux paires doivent être très petites, et il est difficile de trouver des Téfiline d’aussi petites tailles qui présentent toutes les garanties de Kacheroute.

Par conséquent et pour éviter tous ces écueils, il est préférable de mettre d’abord des Téfiline de Rachi (de taille standard) en faisant la bénédiction qui s’impose, et par la suite de les remplacer par les Téfiline de Rabbénou Tam sans faire de bénédiction (3).

En mettant les Téfiline de Rachi, on aura la pensée (Kavana) suivante : Si le Émèt (vérité absolue connue uniquement du Créateur) est, comme le prétend le Choul’hane ‘Aroukh (à savoir que seule l’une des deux paires est kachèr), je m’acquitte de la Mitsva par la paire qui est kachèr et je considère que l’autre paire n’est formée que de simples lanières. Par contre si le Émèt est comme le prétendent les Mékoubalim-à savoir que les deux paires sont kachèr et complémentaires, je m’acquitte de la Mitsva par ces deux paires (4).

Dans tous les cas, une personne qui prie dans une communauté où l’on a pas l’habitude de mettre les Téfiline de Rabbénou Tam (ce qui souvent le cas dans les communautés Achkénaz entre autre) fera toute la Téfila avec les Téfiline de Rachi, puis il mettra ceux de Rabbénou Tam chez lui à la maison.
En effet, il faut toujours éviter d’avoir une attitude différente de la communauté dans laquelle on se trouve pour ne pas enfreindre l’interdit de Lo Titegodédou (vous ne constituerez pas des groupes dissemblables) (5).

Pour celui qui met les deux paires successivement, voyons à présent à quel moment il devra remplacer les Rachi par les Rabbénou Tam.
Il existe à ce propos plusieurs avis par rapport à certains Décisionnaires.

Le Choul’hane ‘Aroukh rapporte que le Minhag Ha’olam (l’habitude répandue dans le monde) est de ne pas retirer les Téfiline avant la Kédoucha de Ouva Létsiyone. On ne pourra donc pas les retirer d’après cet avis avant le Kaddich Titkabal qui suit la Kédoucha de Ouva Létsiyone (6).

Toutefois, les jours où l’on sort le Séfèr Tora on ne pourra les retirer qu’après l’avoir remis dans le Hékhal (arche sainte) (7).

Le Rama mentionne par contre qu’il est souhaitable de ne pas les retirer avant le Kaddich Yatom qui suit ‘Alénou Léchabéa’h selon le rituel Achkénaz.

Selon les Mékoubalim et le Ari Zal en particulier (8), on n’enlèvera les Téfiline qu’après avoir terminé toute la prière, c'est-à-dire après la fin de ‘Alénou Léchabéa’h (dans le rituel Séfarad).

Par conséquent, il est préférable de ne mettre les Téfiline de Rabbénou qu’après la fin de ‘Alénou Léchabéa’h. D’autant plus que cela permettra d’éviter le problème de Lo Titegodédou évoqué précédemment puisque l’ensemble de la communauté aura également retiré ses Téfiline de Rachi (9).


A priori, on mettra les Téfiline de Rachi avec bénédiction, pendant toute la prière jusqu’à ‘Alénou Léchabéa’h.

Si cela s’avère problématique pour quelque raison que ce soit, on procédera à la permutation des Téfiline après la Kédoucha de Ouva Létsiyone.

Il ne faut pas procéder à ce changement entre la fin de la ‘Amida et le début de la ‘Hazara (répétition). De même on ne le fera pendant la ‘Hazara.

Les jours de lecture du Séfèr Tora on ne se permettra de changer les Téfiline qu’après l’avoir replacé dans le Hékhal.

On mettra ensuite les Téfiline de Rabbénou Tam sans bénédiction et on lira les deux premiers paragraphes du Chéma’.

Kol Touv


1) Yalkoute Yossèf tome 1, page 43 ; Voir aussi le Or Létsiyone tome 2 chap. 3 par. 8
2) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 27 par. 7 ; Rama chap. 27 par. 1 ; Voir aussi Yalkoute Yossèf tome 1 page 43
3) Voir Choul’hane ‘Aroukh chap. 34 par. 2
4) Or Létsiyone tome 2 chap. 3 par. 8
5) Idem
6) Tel est l’avis du Or Létsiyone idem. Notons que le Rav ‘Ovadia Yossèf, dans son Yabia’ Omèr tome 3 chap. 4, préconise de les permuter avant la Kédoucha de Ouva Létsiyone afin de pouvoir dire au moins une Kédoucha avec ceux de Rabbénou Tam. Il précise toutefois qu’on ne pourra le faire que dans les communautés qui marquent à ce moment un temps d’arrêt pour permettre aux fidèles de changer les Téfiline et de dire le Kériate Chéma’
7) Ora’h ‘Haïm chap. 25 par. 13 ; Voir le Michna Béroura chap. 34 alinéa 14 qui s’insurge contre ceux qui ont la mauvaise habitude de permuter les Téfiline après la Kédoucha ; Voir aussi le Yalkoute Yossèf tome 1 page 48 par. 6
8) Cha’ar Hakavanote fin de Drouch 5 sur les Téfiline ; Cet avis est rapporté par de nombreux Décisionnaire tel que le Maguèn Avraham chap. 25 alinéa 28 ; Kaf Ha’haïm Paladji ; Bèn Ich ‘Haï ; le Kaf Ha’haïm Sofèr et le ‘Hida dans le Birké Yossèf chap. 25 où il précise qu’il y a en cela une raison cachée et profonde
9) Choul’hane ‘Aroukh chap. 34 par. 2 au nom du Téchouvate Hamaharil
 
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