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    Lundi 25 Septembre 2017, Yom Chéni


889. Peut-on étudier la Tora le soir de Noël ?
Posté par Greg le 12/06/2009 à 14:29:20
Bonjour,

Pourriez vous m’expliquer si l'on étudie ou pas, le soir de Noël et quel sont les Minhaguim (Traditions) car cette année j'ai vu beaucoup de confusion autour de moi a ce sujet.
Il me semblait pour ma part inconcevable de ne pas étudier ce soir là et je crois que les Yéchivote étudient mais apparemment les Hassidim n'étudient pas ce soir là pour ne pas renforcer des forces impures.

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 24/12/2012 à 06:57:00
Il existe effectivement différents Minhaguim (Traditions) concernant l’opportunité d’étudier ou non le soir de Noël.

Certain ‘Hassidim ont en effet le Minhag (l’habitude) de ne pas étudier ce soir là.
Le ‘Hidouché Harim de Gour racontait l’histoire suivante : un curé avait demandé a Rav Yéhonatane Eybéchits : si vous n’étudiez pas la Tora ce soir là, sur quoi le monde tient-il (puisque le monde ne peut perdurer que par le mérite de l’étude de la Tora) (1)?
Rav Yéhonatane lui aurait répondu que puisque « Minhag Israël, Tora » (accomplir un Minhag c’est accomplir la Tora), le monde repose sur l’accomplissement du Minhag qui consiste justement à ne pas étudier ce jour là (2).

Différentes raisons sont donné pour expliquer cet usage (3) :

a) A certaines époques, il était dangereux pour les Juifs de sortir de leurs maisons le soir de Noël (dans certains endroits, il était même interdit aux Juifs de sortir de chez eux ce soir là). C’est pourquoi nos Sages ont institué de ne pas sortir au Bèt Hamidrach (maison d'étude) afin de ne pas se mettre en danger (4). Certains expliquent qu’il était risqué de laisser de la lumière allumée ce soir là, l’habitude a donc été prise de rester dans l’obscurité et donc de s’abstenir d’étudier.

b) L’abstinence de l’étude est un signe de « Avéloute » (deuil) en rapport avec la naissance de Yéchou. Il y aurait donc lieu de s’abstenir d’étudier la Tora, de la même manière que l’on n’étudie pas le jour de Ticha Béav et qu’une personne en deuil n’a pas le droit d’étudier la Tora, pour ne pas en retirer du plaisir, comme il est écrit dans Téhillim (5) : « Les préceptes de l’Eternel sont droit, ils réjouissent le cœur » (6).

c) Le ‘Hatam Sofèr explique que ce soir là, les non juif se lèvent à minuit pour la messe. C’est pourquoi nos Sages ont limité l’étude de la Tora avant ‘Hatsote (milieu de la nuit) afin que les érudits se couchent tôt : ils seront ainsi, eux aussi éveillés (et donc entrain d’étudier) à minuit.

d) L’étude de la Tora ce soir là renforcerait les forces d’impureté.

Il faut préciser que l’habitude de ne pas étudier le soir de noël ne s’applique que jusqu'à ‘Hatsote (milieu de la nuit).

On rapporte que pour éviter de faire du Bitoul Tora (gâcher le temps qui aurait pu servir à l’étude de la Tora), certains Rabbanim avaient l’habitude de s’adonner ce soir là à des préparatifs pour tous les Chabbatote de l’année.
D’autres y organisaient les réunions concernant les problèmes de leur communauté.

Bien que le Minhag de ne pas étudier le soir de noël, ne soit pas mentionné dans les Richonim (Décisionnaires de l’époque médiévale), il est possible que la raison en soit la censure de l’époque, ou bien la crainte de représailles.

Rav Ovadia Yossèf (7) rapporte que l’habitude des Séfaradim, est d’étudier même le soir de noël. C’est aussi le Minhag de la plupart des communautés Achkénaz (8).
L’habitude dans les Yéchivote en Israël, est d’étudier le soir de Noël.

Il est toutefois évident qu’il ne faudra pas participer aux réjouissances organisées ce soir là et participer à un réveillon par exemple.

Certains ont aussi l’usage de s’abstenir de relation conjugale cette nuit là. Malgré tout là majorité des Décisionnaires ne mentionnent pas cette restriction (9).

Kol Touv


1) Voir Pirké Avote Chapitre 1, Michna 2
2) Loua’h Davar Béito
3) Voir Choute Méfanéa’h Né’élamim chap.4 note 64 et Nétaé Gavrièl Hilkhote ‘Hanouka page 386 et suivantes
4) Voir le Séfèr Ta’amé Haminhaguim page 500 alinéa 19
5) 19 / 9
6) Au non du Korbane Nétanel et le ‘Hatam Sofèr au nom de son maître Rav Nathan Adler
7) Choute Min’hate Chélomo tome 7 Yoré Dé’a chap. 20
8) Voir Choute Téchouvote Véhanehagote de Rav Moché Sternbouch tome 1 chap.551
9) Voir Piské Tchouvote chap. 240 par.10
 
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