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    Samedi 18 Novembre 2017, Yom Chabbate


182. Aller à la piscine avant Ticha' Béav
Posté par sb55 le 24/07/2006 à 01:51:48
Je ne suis pas tres pratiquante, mais je m'interesse beaucoup et j'essaie de pratiquer selon mon possible.
Apres avoir vu quelques une de vos reponses, j'ai trouvé que c'etait un peu trop strict, donc je vous prirai d'etre indulgent , et de me permettre de faire la mitsva
je voudrais savoir quelles sont exactement les regles a respecter durant le jours qui précédent Tich'a Béav. Et pourquoi c'est interdit d'aller à la piscine ou à la plage ?

Merci

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 09/08/2016 à 14:09:00
S’intéresser est fondamental et je ne peux que vous en féliciter. Nombreux sont ceux qui ne pratiquent pas car tout simplement ils ne savent pas.
D’autres savent mais ne comprennent pas, ils pensent alors, que telle ou telle loi est exagérée voir même injustifiée.
L’étude de notre Torah prend ici toute sa valeur. L’étude (chacun selon son niveau) pour comprendre une Mitsva, est une Mitsva en soi.

Il faut toutefois important rappeler ici un principe fondamental. Quand nos ancêtres ont accepté la Torah au Mont Sinaï il y a plus de trois mille ans, ils ont déclaré « Na’assé Vénichma’ » (nous ferons et nous comprendrons – dans cet ordre). C'est-à-dire que l’accomplissement des Mitsvote ne dépend pas de la compréhension que nous avons de ces dites Mitsvote.
Et cela n’est en rien une contradiction avec notre devoir d’en approfondir leur étude.

Par ailleurs, il est clair qu’il n’est pas en notre pouvoir d’être « indulgent », c'est-à-dire nous ne pouvons pas faire des « réductions » sur une loi dont l’origine est divine.
De même il est totalement exclu de pencher arbitrairement vers le sens de la rigueur et d’être plus stricte que ce que nous demande notre créateur.
Nous ne sommes que des « transmetteurs » de la Torah telle que nous l’avons reçue à travers les commentaires et les décrets de nos sages de mémoire bénie.

Je peux tout à fait comprendre que vous trouviez certaines de nos décisions trop strictes.

Sachez néanmoins que la même décision dans les milieux orthodoxes d’Israël ou même hors d’Israël, pourrait apparaître comme trop permissive.
La perception de nos réponses quant au « taux de rigueur » est tout à fait subjective et dépend essentiellement de la personne qui les lit, du milieu dans lequel elle évolue, de son éducation etc.

Il faut savoir que dans certains cas particuliers, en fonction de la situation de celui qui pose la question et en fonction du contexte, il pourrait être possible d’alléger une décision.
D’autres part, la porte est souvent ouverte pour celui qui, par aspiration personnelle, voudrait être plus pointilleux.

Ceci étant précisé venons en à votre question.
Les règles générales concernant les trois semaines allant du 17 Tamouz au 9 Av sont résumées par un tableau qui apparaît dans nos dossiers sous le nom de « Les trois semaines ». Pour y accéder cliquez ici

Cette période a été marqué dans l’histoire juive par de nombreux malheurs. Voir notre dossier «Tich’a Béav». Pour y accéder cliquez ici
Le sommet de la détresse a été atteint le jour de Tich’a Béav ou les deux temples ont été détruit, respectivement en 586 (avant E.C.) et en 68 (après E.C.).
Nous avons donc le devoir dans cette période funeste de nous associer au deuil qui touche tout le peuple d’Israël en limitant les sources de joie. Et plus particulièrement à partir du premier jour du mois de Av (1).
Cela a pour but de nous sensibiliser aux fautes qui ont entraîné cette situation et nous permettre de nous en repentir (2).

Une des restrictions qui tend à diminuer notre confort consiste à ne pas se laver.
Pour les Achkénazim le Minhag est d’interdire de se laver depuis le premier Av même à l’eau froide. Certains commencent depuis le 17 Tamouz.
Pour les Séfaradim, l’interdiction commence depuis la semaine qui précède le 9 Av et ne concerne que le lavage à l’eau chaude (se laver à l’eau froide reste permis). Certains commencent depuis le premier Av (3).

C’est la raison pour laquelle, toute baignade qui procure du plaisir est prohibée pendant cette période (chacun selon son Minhag).
Dans tous les cas si le bain a un but thérapeutique, il est permis (4).

De même, pour les Séfaradim, la permission de se laver à l’eau froide n’est valable que lorsque le but est thérapeutique ou de se rafraîchir par grosse chaleur. Dans de telles conditions il sera permis pour eux de se baigner dans une piscine.
Par contre si le but est d’en éprouver un agrément, il convient de ne pas le faire (5).

A cela il faut ajouter qu’il convient néanmoins de s’abstenir dans tous les cas pendant ces trois semaines de se baigner dans des endroits dangereux comme une piscine et à plus forte raison dans la mer.
En effet ces jours la sont propices (que D. nous en préserve) à des événements néfastes.
Il est rapporté dans Or’hote Rabénou tome 2, que le Rav Kaniévsky Zal interdissait à ses enfants d’aller à la mer pendant cette période à cause du danger car le moment n’est pas favorable au peuple d’Israël (6).

Kol Touv


1) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 651 par. 1
2) Michna Béroura Chap. 649 alinéa 1
3) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 651 par.16
4) Michna Béroura Chap. 651 alinéa 88
5) Yabia’ Omèr tome 8 chap. 41 et Yé’havé Da’ate tome 1 chap. 38
6) Voir également Tchouvote et Hanhagote tome 2 chap. 263 et Mékor ‘Haïm du ‘Havote Yaïr
 
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