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    Samedi 18 Aout 2018, Yom Chabbate


289. Un Séfarad priant dans un Minyane Achkénaz.
Posté par Juif le 09/10/2006 à 13:38:18
Bonjour,

Etant Séfarad, priant dans un Minyane Achkénaz, comment dois-je répondre à la Kédoucha: Nakdichakh ou bien Nékadèch? Qu'en est-il des Ta'hanounim ? Si possible de me donner les references de votre psak.
Merci beaucoup et 'Hag Saméa'h.

Réponse donnée par Rav Meir Cahn le 30/10/2006 à 21:15:44
Le Talmud de Jérusalem déclare : « bien que nous vous ayons dépêché l’organisation (le recueil) des prières, ne modifiez néanmoins point vos coutumes ancestrales » (1). Et le Arizal explique que les Minhagim (coutumes) suivis dans la Téfila (la prière) ne seront pas changés, car douze portails sont ouverts dans les cieux, et chacune des douze tribus a son propre portail et son propre Minhag, qui vient s’ajouter à ce (la Téfila) qui est mentionné dans le Talmud et qui (lui) est commun à tous (2).
Le Péri Mégadim en conclue qu’un Ashkénaz ne convertira pas son Minhag pour celui du rite Séfarade (3). En fait, les différents « Nous’haote » (rites) de la Téfila ne représentent que différents aspects d’une même pratique, tout ce que recèle l’un, recèle l’autre également, et finalement toutes ces prières montent et arrivent à la même destination (4).

Toutefois, lorsqu’un Sépharad se rend dans un Minyane (une assemblée) Ashkénaz, la question est de savoir si le maintient de son Noussa’h (son rite) l’emporterait sûr l’homogénéité de la prière en commun.
Là, il y a lieu de faire une distinction entre différentes parties de la Téfila.

Les morceaux qui ne peuvent être récités qu’en présence d’un « Tsibour » (d’une assemblée comptant un minimum de dix participants), mais pas Béya’hid (individuellement, sans Minyane), tels que la Kédoucha, devront être récités en suivant le Noussa’h du Tsibour. Car c’est le Tsibour qui suscite l’ajout de la Kédoucha. Il convient donc de la réciter dans le Noussa’h suivi par ce Tsibour (5). De plus, il est à craindre que l’absence d’homogénéité dans la prière en publique n’engendre de la confusion, voir de la discorde (6).

Par contre, pour la Téfila récitée à voix basse telle que la ‘Amida (les dix huit bénédictions, appelée aussi Chémoné ‘Esré), il ne sera pas nécessaire de suivre le Noussa’h du Tsibour. Le rite personnel sera donc suivi (7), et malgré la différence de Noussa’h, la Téfila sera néanmoins considérée comme étant une « Téfila Bétsibour » (une prière collective), car étant somme toute récitée collectivement, (Bétsibour) (8). « Bédi’avad » (à posteriori), si même la ‘Amida ou autre Téfila à voix basse a été récitée selon le Noussa’h du Tsibour, on sera « Yotsé » (acquitté de la Mitsva) (9).

En ce qui concerne les autres parties de la Téfila, qui sont récitées indifféremment « Béya’hid » ou « Bétsibour », mais pas forcément à voix basse, tels les « Péssouké Dézimra », ou les « Birkote Kériaté Chéma » (bénédictions du Chéma’), et qui donc pourraient être entendue par les autres fidèles, il serait préférable de les réciter également en suivant le « Noussa’h » de l’assemblée (10). Malgré cela, si ce changement posait une difficulté, il sera possible de s’en tenir à son « Noussa’h » habituel, en prenant soin toutefois de ne pas élever la voix (11).

Un Sépharade priant dans un Minyane Ashkénaze, et qui voudrait suivre son Minhag en récitant le « Vidouï » avant la « Néfilate Apaïm », ne pourra le faire que s’il arrive à ce que ça passe entièrement inaperçu, et bien sûr sans se frapper la poitrine. Les « Youd Guimèl Midote » (les treize attributs de miséricorde) ne seront pas récités, car cela nécessite le concours de dix participants.
Autrement, toutes ces « Téfilote » (prières) ou ces pratiques, si elles sont visibles ou audibles, donc discernables, devront être conformes à celles de l’endroit (12).


Kol Touv.


(1) 'Érouvine, Michna 3 fin de la Halakha 9, selon la Guèrsa mentionnée par le Korbane Ha’éda, et tel que ramené par le Maguèn Avraham, Ora’h ‘Haïm chap. 68.
(2) Cité par le Maguèn Avraham, ad. loc. Voir le Kaf Ha’haïm, ad. loc. alinéa 1 qui fait mention du Arizal, dans Cha’ar Hakavanote.
(3) Échel Avraham, ad. loc. Telle est également la conclusion du ‘Hatam Sofer, dans ses Hagaote Hachoul’hane ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm chap. 68 (ou il réfute l’avis du Maharachdam), ainsi que dans ses Responsas, Ora’h ‘Haïm tome 1 chap. 15, 16 ; voir aussi le chap.197. Voir encore le Echel Avraham Miboutchach, Ora’h ‘Haïm début du chap. 51 et chap. 68.
(4) Choute ‘Hatam Sofer, idem.
(5) Choute Iguérote Moché, Ora’h ‘Haïm tome 2 chap. 23.
(6) Choute Méchiv Davar, tome 1 chap. 17, et Iguérote Moché, ad.loc. ainsi que chap. 97, et tome 4 chap. 34. Voir aussi le Gra dans Ma’assé Rav, chap. 90.
Toutefois, il semblerait que le Yabi’a Omèr, tome 6 Ora’h ‘Haïm chap. 10 par. 4, soit d’avis qu’il serait préférable de réciter la Kédoucha dans son Noussa’h habituel, bien qu’il y ait fait mention du Iguérote Moché ci-dessus mentionné, ainsi que d’autres décisionnaires qui estiment également que dans cas comme le notre, il conviendra de dire la Kédoucha dans le Noussa’h du Tsibour.
(7) Choute Méchiv Davar, idem, et Choute Iguérote Moché, ad. loc. par 23, ainsi que tome 4 par. 33.
(8) Choute Iguérote Moché, ad. loc.
(9) Michna Béroura, chap. 68 alinéa 4, voir aussi le Choute Cha’ar Éfraïm chap. 13.
(10) Choute Iguérote Moché, ad. loc. ainsi que chap. 104.
(11) Choute Iguérote Moché, ad. loc. chap. 23.
(12) Choute Iguérote Moché, Ora’h ‘Haïm tome 4 chap. 34.
 
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