Cette question vous a été proposé par
www.universtorah.com

100. A partir de quand une «'Hala» devient «Mézonote»
Posté par le 28/11/2018 à 18:02:21
Bonjour,
Ma femme fait régulièrement le pain de Chabbat. Elle rajoute toujours un peu de sucre (ou du jus de pomme) pour lui donner un goût. Par contre quelle est la quantité à mettre pour que le pain reste motsi et non mezonoth.
Merci

Réponse donnée par Rav le 17/12/2018 à 18:02:21
Le choul’hane ‘Aroukh donne la définition de tous les produits, cuits aux four, qui nécessitent la bénédiction de « Mézonote » avant la consommation. (1)

Il s’agit dans tous les cas de « gâteaux » cuits au four et dont la farine est le produit de l’un des cinq céréales suivants : Blé, orge, seigle, épeautre, avoine.

Il existe trois cas :
a) Un « gâteau » fait d’une pâte à pain (uniquement eau et farine), en forme de poche et fourré de miel de sucre, de noix…
b) Des « gâteaux » croquants que l’on à l’habitude de grignoter, composés d’eau, de farine, et éventuellement d’autres ingrédients.
c) Un « gâteau » fait d’une pâte pétrie avec du miel ou de l’huile ou du lait ou toutes sortes d’épices.

Sur ce dernier cas, il existe une divergence de vue entre les Séfaradim et les Achkénazim.
C’est, en l’occurrence, le cas qui nous intéresse, puisque c’est le mode de fabrication « ’Halote » (des Pains de Chabbate).

D’après le Choul’hane ‘Aroukh, (2) à partir du moment ou l’ajout d’ingrédients tels que le sucre ou le jus de fruit donne un goût reconnaissable dans le pain, celui ci devient un « gâteau » et nécessite la bénédiction « Mézonote » (sans considération de quantité). Tel est l’avis suivi par les Séfaradim. (3)

D’après le Rama cela gardera l’appellation de « pain » et la « bérakha Hamotsi » tant que les ingrédient rajoutés, tels que miel ou sucre, ne sont pas en grosse quantité. (4) Ceci même dans le cas où le goût de ces ingrédients est perceptible. (5)
La quantité d’ingrédients rajoutés, comme l’huile, le lait ou le miel doit être supérieure à la quantité d’eau de manière à ce que le goût de ces ingrédients soit plus perceptible que celui de la pâte. (6)
Tel est l’avis suivi par les Achkénazim. (7)

A noter que d’après le Michena Béroura(8) la même divergence de vue existe à propos du premier cas (pâte à pain, en forme de poche et fourré), Mais ce n’est pas l’avis du Kaf Ha’haïm.(9)

Kol Touv et Chabbat Chalom.


1) Ora’h ‘Haïm chap. 168 par.7
2) Idem
3) Kaf Ha’haïm chap.168 alinéa 58, voir également Yalkout Yossef Tome 3 chap. 168 par. 12
4) Rama Idem
5) Michna Béroura chap. 168 alinéa 31
6) Michna Béroura chap. 168 alinéa 33
7) Michna Béroura chap. 168 alinéa 34
8) Michna Béroura chap. 168 alinéa 33
9) Chap. 168 alinéa 59 au nom du Taz (alinéa 7) ; voir également Yalkout Yossef Tome 3 chap. 168 par. 12, note 12