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    Samedi 18 Novembre 2017, Yom Chabbate


898. Comment choisir son Rav
Posté par douby le 06/10/2009 à 19:53:00
Bonjour,

Dans quelle mesure a ton l’obligation de se renseigner sur un Rav avant de s'attacher à lui ou de se fier à ses décisions ?

Merci et bravo pour votre travail

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 12/11/2009 à 09:22:48
La question que vous posez est importante, voir fondamentale car du choix du Rav dépendra le comportement d’un juif et les grandes décisions qu’il prendra dans sa vie.
La réponse n’est pas du tout simple.

La Michna dans le traité d’Avoth (Maximes des pères) mentionne par deux fois (1) l’obligation de se nommer un Rav : la première foi au nom de Yéhochoua ben Péra’hia et Nitai Haarbéli (nomme toi un Rav et achète toi un ami), et la seconde fois au nom de Rabane Gamliel (nomme toi un Rav et écarte toi du doute).

Le Rambam (2) explique que la première Michna parle d’un Rav qui le dirigera dans l’étude alors que la seconde parle d’un Rav qui tranchera la Halakha (loi juive), comme il est dit alors : « et écarte toi du doute ».

La Guémara dans Moèd Katane (3) nous donne une première indication sur la façon de se choisir un Rav.
Elle se base sur le verset suivant : « Car les lèvres du pontife doivent conserver la science ; c’est de sa bouche qu’on réclame la doctrine, car il est un ange (Malakh) de D., mandataire de l’eternel D. » (4).

Elle en déduit que : « si le Rav ressemble a un ange, il faudra apprendre de lui la Tora, et dans le cas contraire on ne l’apprendra pas de lui ».
Le conseil de la Guémara nous pose toutefois un problème : Pour pouvoir prendre le « Malakh » comme base de comparaison, encore faut-il en connaître un, ce qui n’est pas donné à tout le monde !

Il faut néanmoins préciser que le Choul’hane ‘Aroukh n’a pas rapporté cette règle...
Il mentionne toutefois en différents endroits d’autres principes concernant le choix et le respect du Rav.

Ainsi, dans les Hilkhote Talmoud Tora (5), le Mé’habér (rédacteur du Choul’hane Aroukh) stipule, qu’on n’étudiera pas de la bouche d’un Rav même sage, qui n’irait pas dans le droit chemin, même si il est un grand érudit est que le peuple a besoin de son savoir, .
Cette Halakha est d’ailleurs renforcée par le fait qu’elle fait immédiatement suite à l’obligation, pour un Rav de vérifier les valeurs morales de ses élèves avant de leurs enseigner la Tora (6).
On peut donc penser que de même il est légitime de vérifier la compétence et la rectitude d’un Rav avant de s’adresser a lui.


De même dans les Hil’hote Kevod Rabbo (lois traitant de l’honneur dû a son Rav) (7), il est mentionné : qu’un élève qui n’est pas au niveau de trancher la loi, et qui tranche, est appelé sot, mécréant et orgueilleux, et il est dit à son sujet : « car nombreuses sont les victimes dont elle a causé la chute et ceux qu’elle a fait périr sont foule » (8).

Le Rama (9) précise que les jeunes disciples qui se précipitent pour répondre, pour se donner de l’importance aux yeux du peuple, entrainent la discorde, détruisent le monde et assombrissent l’éclat de la Tora.

Dans le même esprit, le Choul’hane Aroukh précise (en se basant sur le même verset de Michlé), dans le paragraphe qui suit (10) : « Un érudit qui a acquit la faculté de trancher, et ne tranche pas, empêche la diffusion de la Tora et entraîne le public à se tromper ».

A ce sujet le Rama indique sur place, que de nos jours, le Rav reçoit un « agrément » afin que tout le peuple sache qu’il est autorisé à trancher la loi avec la permission et l’appui de son Rav

Rav Moché Sternbuch (11) nous fait prendre conscience que de nos jours, nombreux sont ceux qui officient en tant que Rav sans en avoir réellement les compétences. En effet, bien qu’ils soient effectivement aptes à discourir et à rapprocher de la Tora les personnes qui en sont éloignées, ils n’ont pas forcément les capacités pour trancher la loi (Ce qui nécessite des compétences et une expérience certaine).

Rabbi Yéhouda Léib Achlag auteur du Pirouch Hassoulam rapporte que cette question a déjà été posée par le Rav ‘Haïm Vital à son maître, au Hari Hakadosh Zal (12) qui a répondu : si la sincérité apparaît dans toutes ses paroles ou si tout ses dires sont induit par le désir d’accomplir la volonté divine (Léchém Chamaim) et qu’il ne contredise pas par ces actes même une seul de ses affirmations.

Kol Touv


En dehors du fait qu'il convient de s'assurer de la compétence et de la rectitude d'un Rav, rajoutons quelques principes généraux bien que non mentionnés expressément dans la Halakha :

Cherchez un Rav avec qui vous pourrez vous entendre, et développer de vrais liens, un Rav qui prendra le temps de vous écouter et de vous comprendre, un Rav auquel vous pourrez vous identifier.

De même cherchez (dans la mesure du possible) un Rav « proche » (géographiquement) de vous.


1) Chap.1 Michna 6 et 16
2) Pirouch Hamichnayote Larambam Michna 16
3) 17 a et ‘Haguiga 15b
4) Mala’hie chap.2 verset 7
5) Yoré Déa chap 246 par.8 et Chakh alinéa 8
6) Par. 7
7) Yoré Dé’a, chap. 242 par.13
8) Proverbes 7/26
9) Au nom du Tour et du Rambam
10) Yoré Dé’a, chap. 242 par.14
11) Téchouvote Véhanhagote tome 3 chap.242
12) Séfér Chaar Roua’h Hakodésh page 1
 
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