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    Mercredi 18 Juillet 2018, Yom Révii


89. Peut on apporter le « Korbane Pessa’h » de nos jours ?
Posté par WDavid le 21/04/2006 à 13:33:40
Bonjour,

Voici l'article qui affirmerait, qu'il serait permit aujourd'hui de faire le Korban Pessah au Har Habayit malgré que le Beth Hamikdash ne soit plus la. (Lire A7fr - Mont du Temple ).

Que dit la Halacha précisement à ce sujet, Merci!

Réponse donnée par Rav Michael Kottek le 03/05/2006 à 19:55:58
Cette question est fort intéressante et nécessite beaucoup de recherches, afin de pouvoir élucider tous les problèmes techniques et halakhiques concernant l’autel et les sacrifices.

D’un point de vue historique, il est indiqué dans le commentaire de Rachi, dans le traité Méguila (1), qu’avant la construction du deuxième temple, les juifs ont offerts les sacrifices pendant 22 ans!
Certains prétendent, qu’après la destruction du second temple, on y apportait encore des sacrifices jusqu’en l’an 118 (mais ce n’est pas l’avis de tous).

Selon l’auteur du livre « Kaftor Vaféra’h », c’est Rabbi Yé’hiel de Paris qui avait lui-même l’envie d’aller offrir des sacrifices à Jérusalem (en l’an 1257).
Il est évident, qu’il a du pour cela, élucider tous les problèmes avant de passer à l’action.
Le ‘Hatam Sofer (2) s’est aussi penché sur ce sujet. Il pense que le sacrifice de Péssa’h pose beaucoup moins de problèmes que les autres sacrifices.

Les points principaux à éclaircir sont :

1) l’endroit exact de l’autel : peut-on nous même le calculer ou cela nécessite-t-il la parole d’un prophète ?
2) Peut-on offrir des sacrifices en état d’impureté (ce qui est notre cas actuellement car nous n’avons pas, de nos jours, les cendres de la vache rousse qui seules peuvent nous purifier)
3) Avons-nous, de nos jours, de vrais cohanim descendant de Aharon de père en fils ?
4)Nous n’avons pas la couleur appelée « Tékhélèt » provenant d’un poisson appelé « ‘Hilazone » afin de confectionner les habits du cohen. A noter que certains pensent avoir découvert cette couleur.
5) Est-ce que la construction du troisième temple sera faite par les hommes ou par une intervention céleste (3).

Pour conclure, nous voulons citer ce qu’a écrit le Rav Kook dans une lettre adressée au Rav Hirshenzen (4) : « je suis d’accord avec vous sur le fait que nous ne pouvons pas commencer l’offrande des sacrifices sans l’apparition évidente de l’Esprit Divin (Roua’h Hakodèch) ».

Nous ne pouvons que nous étonner, que certains rabbanim d’orientation sioniste, pensent ouvertement à passer à l’action dans ce domaine si complexe et en désaccord évident avec l’avis du Rav Kook.

C’est en étudiant les Halakhote du Bét Hamikdache que nous nous approcherons de sa reconstruction.

Vous pouvez consulter à ce sujet le livre Mo’adim Ouzmanim (5) du Rav Sternbuch.

Kol Touv


Voir ci-dessous le texte de l’article en question:

Le Mont du Temple est-il bien ‘dans nos mains’ ?
Alexandre Yudkewicz
mardi 18 avril 2006 - 17:22

L’Institut du Temple, situé dans la Vieille Ville de Jérusalem, a pour vocation de montrer au grand public comment s’établissait le service divin dans le Temple de Jérusalem avant sa destruction, sous tous ses aspects. L’Institut, dirigé par le Rav Ariel de Ramat-Gan, patronne également des recherches de haut niveau destinées à préparer l’inauguration du future Troisième Temple. Sans attendre le moment de son édification, le Rav Ariel prétend que nous devrions effectuer le sacrifice de l’agneau pascal sur le Mont du Temple, même en l’absence du bâtiment sacré.
«Bien qu’il y ait de très lourds problèmes de Halakha lié à l’offrande du sacrifice pascal en l’absence de Temple», explique le Rav Ariel à l’hebdomadaire Besheva, «nous avons trouvé les solutions et l’obligation est plus forte que jamais.» L’apport de ce sacrifice est un des deux seuls commandements positifs dont l’infraction est punie par la peine de ‘Karet’, de retranchement du peuple.
Le Rav Ariel rappelle qu’ «après la destruction du Premier Temple, quand les Juifs sont revenus en Israël de l’exil de Babylonie, ils ont offert le sacrifice pascal durant 22 ans alors qu’il n’y avait pas encore de Second Temple. Ils étaient considérés comme rituellement impurs –car il n’y avait pas de vache rousse pour les purifier- mais cela ne les a pas empêcher d’apporter le sacrifice…Il n’y a en fait actuellement aucun obstacle particulier qui nous empêcherait de réaliser ce sacrifice. A partir du moment où un Juif se tient sur le Mont du Temple et que le site est sous notre contrôle, le peuple Juif devrait être immédiatement obligé de s’acquitter de ce sacrifice.»
Il y a 700 ans, après la période des Croisades, un groupe de rabbins est monté en Israël et ils ont tenté, sans succès, de remettre le sacrifice de Pessah au goût du jour. «Mais c’est honteux de nous comparer à eux», souligne le Rav Ariel, «ils étaient peut-être 1000 Juifs dans tout le pays, alors que nous somme 5 à 6 millions, que nous avons une armée, des tanks et des avions…Et que faisons nous ?»
«Le gouvernement a établi une police spéciale, rien que pour le Mont du Temple. Un Juif n’a pas le droit de simplement bouger les lèvres (pour prier) ici», rappelle avec peine le Rav Ariel.
«Le problème est que nous avons autorisé les Arabes à être en charge du Mont du Temple. Et ce avec l’accord tacite de l’ensemble du monde rabbinique», déplore le Rav Ariel. «Et,» ajoute-t-il dépité, «ils y jouent au football maintenant.»
«C’est ce qui est arrivé lorsque Moché Dayan a remis les clés du Mont du Temple aux Arabes après la Guerre des Six jours. D’abord ils leur ont remis les clés, ensuite ils ont affirmé qu’il était impossible de reprendre le contrôle total du site et maintenant s’ajoutent des questionnements sur la localisation précise du Temple, de l’Autel, etc. Les 200 commandements liés au Temple crient chaque jour : ‘Juifs, où êtes-vous ?’»


1) 10b
2) Yoré Dé’a 223 et 236
3) Rachi, Soukka 41a
4) Voir Malki Bakodech IV/3a
5) Volume 5, page 351
 
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