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    Lundi 20 Novembre 2017, Yom Chéni


849. Déchirer ses habits devant le Kottèl
Posté par yapi le 17/12/2008 à 13:27:48
Bonjour,

Quelle est la conduite que l'on doit avoir quand on se rend au Kottel ?
Doit-on faire la Kria ? Si oui, comment fait-on en pratique ?

Merci de votre réponse.

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 13/01/2009 à 00:39:41
Il est stipulé dans le Choul’hane ‘Aroukh (1) que celui qui voit Yérouchalaïm encore détruite (Bé’hourbana), doit prononcer la phrase suivante : « Tsiyone Hayta Midbar Chémama » (Jérusalem fut réduite à l’état de désolation désertique) et procéder à la Kéri’a (déchirer son vêtement).
De même, celui qui voit le Bèt Hamikdach, prononcera la formule adéquate (2) et fera la Kéri’a.

Même de nos jours, nous avons l’habitude de faire la Kéri’a (déchirer son vêtement) lorsque nous voyons Yérouchalaïm. Il en est de même lorsque l’on voit l’emplacement du Bèt Hamikdach, ainsi qu’il est mentionné dans le Choul’hane ‘Aroukh (3).

En effet, bien que la ville a était reconstruite et peuplée par des juifs, elle n’en reste pas moins considérée comme détruite, car elle présente encore des symboles d’idolâtrie et d’impureté, et se trouve dirigée par des personnes éloignées de la Tora. Elle n’a donc pas retrouvée sa magnificence d’antan (4).

Lorsque l’on fait allusion à la vue de Yérouchalaïm, il s’agit en vérité de la vielle ville à l’intérieur des murailles (5).

Quant au Bèt Hamikdach, il suffit de voir son emplacement ou les murailles qui le délimitent pour avoir l’obligation de faire la Kéri’a (6) et il n’est pas nécessaire de voir le sol sur lequel était bâtit le Temple (7).

Remarquons que de nos jours, lorsqu’on accède au Kottèl par l’ouest de Yérouchalaïm ou par Har Hatsofim, on verra obligatoirement en premier lieu la vielle ville de Yérouchalaïm puis l’emplacement du Temple. On aura donc à déchirer son vêtement 2 fois de suite. Les 2 déchirures devront être éloignées de 3 doigts (c'est-à-dire 6 cm environ). On pourra toutefois, si on le désire, fermer les yeux et ne pas regarder la vielle ville au moment où l’on s’approche du Kottèl de manière à ne déchirer le vêtement qu’une seule fois (8).

Le Séfèr Piské Téchouvote (9) rapporte au nom des derniers Décisionnaires, que ceux qui chercheront à s’exempter de cette obligation, n’ont personne sur qui s’appuyer (10).

L’habitude est de couper à l’aide d’un ciseau la partie gauche du vêtement supérieur sur une longueur d’un Téfa’h (8 à 10 cm). On pourra éventuellement revêtir un habit usé destiné à cet usage. On pourra l’ôter immédiatement après la Kéri’a et le remplacer par un autre (11).
Précisons que même les femmes sont tenues par l’obligation de la Kéri’a (12).

Cette obligation n’existe que dans le cas où l’on n’a pas aperçu Yérouchalaïm ou le Kottèl depuis 30 jours (13). Les habitants de Jérusalem ont le Minhag de ne jamais faire la Kéri’a même s’ils n’ont pas vu le Kottèl depuis plus de 30 jours (14).

Le Minhag répandu depuis des générations, basé sur les enseignements des Grands de la Tora, est de ne pas faire la Kéri’a lorsque l’on se rend au Kottèl la veille de Chabbate ou de Yom Tov à partir de ‘Hatsote (milieu de la journée) (15). Il en est de même pendant ‘Hol Hamo’èd et les deux de Pourim (14 et 15 Adar).
Aussi, on a pris l’habitude de tolérer de se rendre au Kottèl pendant ces jours là, afin d’être dispensé de la Kéri’a (c'est-à-dire pendant les 30 jours qui suivent) (16).

Kol Touv


1) Ora’h ‘Haïm chap. 561 par. 2
2) Voir le Choul’hane ‘Aroukh idem
3) Ora’h ‘Haïm chap. 561 par. 2
4) Choute Chiboulé Halékète tome 7 chap. 78 et Péri Mégadim dans son Echèl Avraham chap. 561 alinéa 1 ; voir aussi le Michna Béroura chap. 561 alinéa 2
5) Séfèr Erèts Israël par. 2 qui précise que l’on a l’obligation de déchirer ses habits même si l’on aperçoit les murailles de la vielle ville
6) Ba’h Ora’h ‘Haïm chap. 561 ; Péate Hachoul’hane chap. 3 par. 2
7) Voir Séfèr Haré Yéhouda chap. 561 par. 7, selon lequel, si l’on ne voit que le Mont du Temple ou le Kotèl Hama’aravi (Mur des Lamentations), il n’est pas nécessaire de faire la Kéri’a
8) Voir le Or’hote Rabbénou tome 2 page 155 qui rapporte que tel était le Minhag du Rav Ya’akov Kanièveski
9) Tome 6 chap. 561 par. 1
10) Voir toutefois la note 2 du Piské Téchouvote qui rapporte que certains ont quand même voulu tenter de justifier cette attitude
11) Séfèr Piské Téchouvote Tome 6 chap. 561 par. 4
12) Or’hote Rabbénou tome 2 page 149
13) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 561 par. 5
14) Michna Béroura chap. 561 alinéa 17
15) Piské Téchouvote Tome 6 chap. 561 par. 3
16) idem
 
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