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    Jeudi 24 Mai 2018, Yom 'Hamichi


797. Promettre un don, c’est faire un vœu
Posté par ELIOTE le 24/09/2008 à 20:07:52
J’ai fait un don que j'ai oublié de payer depuis 2 ans.
Que faire ? A qui le donner et comment ?

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 22/11/2008 à 14:03:12
Il importe tout d’abord de faire une courte introduction afin de ne pas se retrouver dans la situation, fort gênante dans laquelle vous êtes.

Celui qui s’est engagé à faire un don à un pauvre ou à une institution quelconque, est dans l’obligation absolue de tenir sa promesse. En effet, son engagement entre dans le cadre des Nédarim (vœux) et obéit aux principes et aux lois qui les régissent.

C’est pourquoi il est important de s’acquitter de ses vœux de Tsédaka au plus vite afin de ne pas enfreindre l’interdit de Bal Téa’hèr (ne pas retarder l’accomplissement d’un vœu) (1).

C’est également la raison pour laquelle il faut éviter au maximum de faire des vœux. Aussi, dans le cas où on est amené à promettre une somme d’argent pour un pauvre ou pour une autre Mitsva, on devra formuler sa promesse en y rajoutant l’expression Bli Nédèr, qui signifie littéralement sans vœu, c'est-à-dire sans engagement formel (2).

De ce fait, si on était par la suite dans l’impossibilité absolue de réaliser sa promesse, on n’enfreindrait pas les règles concernant les vœux.

Il convient de faire cette déclaration à haute voix et pas uniquement dans la pensée (3)

Voyons à présent le cas où l’on s’est engagé à donner la Tsédaka sans avoir précisé Bli Nédèr.
En cas de doute sur une promesse de don, on suit le principe général : « Safèk Nédarim La’houmera » c'est-à-dire que dans une situation de doute sur un vœu, on sera scrupuleux pour sortir du doute.
Ainsi, lorsqu’on ne se souvient plus de la somme promise, on augmentera le don jusqu'à ce que l’on pense : « Plus que ça je n’aurais pas pu donner » (4).

Il en est de même si l’on ne sait plus, comme c’est votre cas, à qui on a promis. On devra, à priori donner cette somme à toute les personnes ou institution pour lesquelles on à ce doute (5).

C’est ainsi qu’il faudra se conduire à priori, mais on ne pourra toutefois pas obliger une personne à agir de la sorte, qui pourra en dernier recours mettre la somme à la disposition des ces institutions qui s'arrangeront entre elles (6).

De toute manière il ne sera pas nécessaire de donner toute la somme en une seule fois, mais selon ses possibilités financières (7).

En cas de nécessité (par exemple si la situation financière ne le permet pas), on pourra se faire délier de son vœu auprès d’un Bèt Dine (Atarate Nédarim) (8).

Kol Touv


1) Rambam Hilkhote Matanote La’aniim début du chap.8 ; Choul’hane ‘Aroukh Yoré Dé’a chap. 257 par. 3
2) Choul’hane ‘Aroukh Yoré Dé’a chap. 203 par. 1 et 4, et chap. 257 par. 4. Voir toutefois le Hahavate ‘Héssèd dans la partie « ‘Inyané Gma’h » par. 16 dans la note et le Birké Yossèf chap.203 selon lesquels il est malgré tout recommandé de faire des vœux de Tsédaka à haute voix lorsque cela peut entrainer d’autres personnes à faire également des dons
3) Voir Chakh chap.203 alinéa 4
4) Choul’hane ‘Aroukh Yoré Dé’a chap. 258 par. 3
5) Pit’hé Téchouva chap. 258 alinéa 5 au nom des Téchouvote ‘Hatam Sofèr chap. 240
6) Idèm
7) Choute Michné Halakhote tome 2 chap.161
8) voir le ‘Aroukh Hachoul’hane chap. 258 par. 3, qui donne l’échappatoire (Péta’h) suivante : on invoquera le fait si l’on avait su que l’on oublierait on aurait pas fait de vœu
 

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