UniversTorah      Questions aux  Rabbanim      Médiathèque &  Playlist   
Retour à l'accueil du site principal
    Jeudi 21 Septembre 2017, Yom 'Hamichi


777. Quelle bénédiction sur du pain au sarrasin ?
Posté par moché le 30/08/2008 à 22:28:21
Quelle bénédiction doit-on faire sur du pain fait à partir de la farine de sarrasin (pour des problèmes de gluten) et quelle bénédiction doit-on faire si l'on mélange cette farine à de la farine de blé?

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 03/09/2008 à 13:49:45
Le sarrasin, appelé aussi blé noir, est une plante cultivée pour ses graines consommées en alimentation humaine et animale.
Malgré son appellation courante de « blé noir », ce n'est ni une variété de blé ni une céréale.

Il est dépourvu de gluten, ce qui le rend non panifiable dans le sens propre du terme, mais panifiable pourtant, car il contient vraisemblablement d'autres substances "collantes". Il est utilisable dans la confection de produits destinés aux personnes intolérantes au gluten.

Ceci étant précisé, abordons maintenant le coté « Halakhique » de la question.

On ne doit dire la bénédiction « Hamotsi » et éventuellement le « Birkate Hamazone » que sur les pains faits à partir le l’une des cinq céréales suivantes : Blé, orge, seigle, épeautre, avoine.

Il est clairement indiqué dans le Choul’hane ‘Aroukh (1), que tout pain élaboré à partir de graines ou légumineuses quelles qu’elles soient (à l’exclusion bien entendu des cinq céréales citées précédemment), nécessite avant sa consommation la bénédiction « Chéakol Nihiya Bidvaro » et en bénédiction finale « Boré Néfachote ».

Rappelons que pour dire la bénédiction finale sur un aliment quelconque, il faut impérativement en avoir consommé un « Kazaïte » (Trente grammes environ) dans un laps de temps déterminé (« Bikhdé Hkhilate Prass »), soit quatre minutes maximum. A postériorité, on pourra faire la bénédiction finale si l’aliment a été mangé en moins de six minutes (2).
Dans le cas contraire cette bénédiction finale sera considérée comme une « Bérakha Lévatala » (bénédiction dite en vain). A éviter absolument !

Il ressort donc que sur un pain au sarrasin on dira « Chéakol Nihiya Bidvaro » avant consommation et « Boré Néfachote » à la fin, si on en a mangé 30gr. dans le temps imparti.

Dans le cas où le pain est élaboré à partir d’un mélange de farine de sarrasin et de farine de blé, il faudra considérer plusieurs cas :

a) Si le blé n’a été rajouté qu’à des fins « techniques » (pour lier la pâte ou la faire gonfler ou lui donner un meilleur aspect), mais non pas pour en changer le goût et pour s’en rassasier, on dira « Chéakol Nihiya Bidvaro » et « Boré Néfachote » (3).
b) Si le blé a été rajouté pour en changer le goût et pour s’en rassasier, On fera avant sa consommation la bénédiction « Hamotsi ».

La bénédiction finale sera conditionnée par le fait d’avoir consommé un «Kazaïte » de farine de blé pendant le temps de quatre ou six minutes. on pourra alors dire le « Birkate Hamazone » (4).

Dans le cas contraire on fera « Boré Miné Mézonote » comme bénédiction finale (5).

Ce dernier cas étant complexe, difficile à évaluer et faisant l’objet de nombreuses divergences d’opinions quant à la bénédiction finale, on évitera de consommer ce type de pain en dehors d’une Séouda dans laquelle on aurait fait « Motsi » sur du pain « classique » composé exclusivement de l’un des cinq céréales citées plus haut (6).


Sur un pain au sarrasin on dira « Chéakol Nihiya Bidvaro » avant consommation et « Boré Néfachote » après, si on en a mangé 30gr. dans le temps nécessaire (4mn à priori et 6mn à posteriori).

De même sur un pain élaboré à partir d’un mélange de farine de sarrasin et de farine de blé, si le blé n’a été rajouté qu’à des fins « techniques » (pour lier la pâte ou la faire gonfler ou lui donner un meilleur aspect), mais non pas pour en changer le goût et pour s’en rassasier.

Si le blé a été rajouté dans le mélange pour en changer le goût et pour s’en rassasier, on évitera de consommer ce type de pain en dehors d’une Séouda dans laquelle on aurait fait « Motsi » sur du pain « classique ».

Kol Touv


1) Ora’h ‘Haïm chap. 208 par.8 ; Voir aussi Michna Béroura chap. 208 alinéa 33
2) Voir le Choute Or Létsiyone tome 2 par. 17
3) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 208 par.2 ; Voir aussi Michna Béroura chap. 208 alinéa 8
4) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 208 par.9 et Michna Béroura chap. 208 alinéa 43 ; voir aussi Cha’ar Hatsiyoune alinéa 45 qui rapporte l’avis de ceux qui pensent que même sur un « Kazaïte »de ce pain (c'est-à-dire du mélange) on pourra faire le Birkate Hamazone
5) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 208 par.9 ; Voir aussi Michna Béroura chap. 208 alinéa 47 qui rapporte l’avis du Gaone de Vilna selon lequel on dira comme bénédiction finale et « Boré Néfachote »
6) Voir Michna Béroura chap. 208 alinéa 47
 
Navigation Rapide
Pour se déplacer entre les questions, nous vous proposons un accès facile à la navigation