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    Mardi 25 Juillet 2017, Yom Chelichi


718. Une envie qui vous prend au milieu de la prière
Posté par arale le 21/05/2008 à 16:57:40
Kvod Harabanim

Si j'ai bien compris, on ne prie pas si on a envie de faire ses besoins, petits ou grands.
Que fait-on si cette envie (d'uriner par exemple) intervient au cours de l'office de Chabbate.
Quand s'interrompt t-on? Au milieu de la Téfila, lecture de la Tora...

Par ailleurs, si on a envie d'uriner et qu'on ne peut pas aller aux toilettes (par exemple si on est coincé dans des embouteillages) a-t-on le droit de dire une Bérakha avant de manger un fruit ?
Ou bien, doit-on ne pas manger ce fruit? Ou le manger sans Bérakha (bénédiction)?

Merci et Kol Touv

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 04/07/2008 à 13:46:32
Nos Sages nous enseignent (1) : "toute personne qui se retient de faire ses besoins, transgresse l'interdit "ne vous rendez point vous-même abominable" (2) et ce, même s'il ne prie pas à cet instant".
En outre, dans la Guémara (3) il est rapporté que celui qui aurait envie de faire ses besoins, ne doit pas prier (la 'Amida). Si malgré son envie il a prié, sa prière est considérée comme une abomination.

Ces propos ont été enseignés dans le cas où il ne peut se retenir le temps de marcher sur la distance d’une « Parssa » (c'est-à-dire 72 minutes). Mais si l'on peut se retenir 72 minutes, à posteriori, cette prière est acceptée.

Les Richonim ont une controverse quant à la version exacte de ce texte du Talmud.
Selon le Rif (4), la version serait: " Mais si l'on peut se retenir 72 minutes, il serait permis de prier". Selon cette version, même une personne qui aurait envie d'aller aux toilettes, pourra prier à priori, si elle peut se retenir pendant ce laps de temps.

Cependant d'autres Décisionnaires (5) pensent que dans tous les cas, à priori, on ne doit pas prier si l'on ressent une quelconque envie de faire ses besoins. Ils déduisent cela d'un autre enseignement explicite rapporté plus loin par la Guémara: "celui qui aurait envie de faire ses besoins ne devra pas prier".

Nombreux sont les Décisionnaires qui suivent ce dernier avis (6). Le Choul'hane 'Aroukh (7) a tranché dans ce sens.

Il ressort qu'il est interdit de commencer à prier si auparavant s'est éveillé une envie, même si l'on peut se contenir 72 minutes. De plus, à priori, on se doit avant de prier de vérifier si l'on se retrouve dans ce cas.

Lé Michna Béroura (8) nous enseigne que ce n'est pas seulement pour la 'Amida que cette règle s'applique, mais aussi pour la lecture, le Birkate Hamazone et toutes les autres bénédictions.

Pour répondre à votre question, une personne se trouvant dans un embouteillage, qui désire manger, ne pourra donc pas, à priori, faire la bénédiction si elle ressent une envie d'aller aux toilettes. A posteriori, si malgré tout elle a fait cette bénédiction, elle n'aura pas besoin de recommencer dans le cas où elle aurait pu se retenir 72 minutes.

Rappelons qu'il est strictement interdit de manger sans bénédiction car il est défendu de profiter de ce monde ci sans Bérakha (bénédiction) (9).
Dans ces conditions il sera interdit de consommer ce fruit.

A propos de la seconde question, si une envie pressente se réveille au milieu de la lecture de la Tora ou le Chabbate en pleine prière, le Rachba dans son Responsa (10) nous enseigne que si une envie subite s'éveille chez une personne (qui s’est vérifiée avant la 'Amida), elle pourra et devra terminer sa prière même si elle ne peut se contenir 72 minutes tant qu'elle peut se contenir jusqu'à la fin de la 'Amida.

Considérons maintenant le cas où cette envie s'éveille au milieu des bénédictions qui précèdent le Chéma' ou au milieu du Chéma' lui-même.
Bien qu'elle ne puisse se retenir 72 minutes, la personne qui devrait faire ses gros besoins, aura à continuer et ne s'arrêtera pas.
Si l'envie concerne les petits besoins, elle aura le choix entre s'arrêter ou continuer.

La Halakha a été tranchée dans ce sens par le Choul'hane 'Aroukh. A partir de cette Halakha, les derniers Décisionnaires (11) nous précisent les différents endroits où il est permis de s'arrêter.

Si une envie s'éveille entre "Baroukh Chéamar et Ichtaba'h", on peut continuer jusqu'à Ichtaba'h, la règle étant que l'on peut terminer une partie de la Téfila que l'on a déjà entamé mais il sera interdit de commencer la partie suivante.

Dans notre cas les "Péssouké Dézimra" prennent fin avec "Ichtaba'h et le Yotsèr" commence avec Barékhou. Il sera donc interdit de dire "Barékhou" avant d'aller aux toilettes.

De même, comme nous l'avons déjà expliqué, si l'on se trouve au milieu de la lecture du Chéma', on pourra continuer. Par contre, il sera interdit de commencer la 'Amida qui représente une nouvelle partie de la Téfila. La personne devra donc sortir "Bèn Haprakim", c'est-à-dire avant de commencer "Vayomèr" ou le cas échéant au milieu de "Emèt Véyatsiv" avant "Gaal Israèl.

Si cette envie s'éveille au milieu de la 'Amida, il sera permis de continuer comme il a été tranché dans le Choul'hane 'Aroukh. Par contre on ne pourra pas dire la Kédoucha, car celle-ci constitue une nouvelle partie de la prière. On devra donc tout d'abord faire ses besoins puis répondre à la Kédoucha.
Cependant si l'on ne peut pas se contenir, on pourra aller aux toilettes en prenant garde de ne pas parler. Dans ce cas, si la personne est restée aux toilettes le temps de finir toute la 'Amida, elle devra la reprendre à son début.
Dans le cas contraire, elle pourra continuer depuis l'endroit où elle s'est arrêtée.

Enfin, si cette envie s'éveille au milieu de la lecture de la Tora (c'est-à-dire depuis la montée du Kohèn jusqu'à celle du Maftir), du Hallèl ou de la Méguila, il sera permis comme nous l'avons évoquer plus haut de finir toute la lecture dans laquelle on a été engagé.

Il est important de rajouter que même dans les cas où l'on ne peut se contenir pendant 72 minutes et où il serait permis de continuer, si l'envie est tellement pressante que l'on doive se retenir pour qu'elle ne sorte pas, il est obligatoire de s'arrêter.

Kol Touv


1) Guémara Makote 16b
2) Vaïkra chap. 11 verset 43
3) Bérakhote 23a
4) Bérakhote 14a. Cet avis est également celui de Rachi 23a, du Eshkol chap. 7 page 14, du Chiboulé Halékèt et d'autres.
5) Roch Chap. 23 par. 24, les élèves de Rabbénou Yona page 14a
6) Rambam Hilkhote Téfila chap. 4 Halakha 10, le Meïri Bérakhote 23, le Ma'hzor Vitry chap. 37, le Bahag chap. 3
7) Ora'h 'Haïm chap. 92 par. 1
8) Chap. 92 alinéa 6
9) Bérakhote 35b
10) Tome 1 chap. 131
11) Rabbénou Zalmane chap. 92 par. 2, Michna Béroura chap. 92 alinéa 8 et 9 ainsi que le Biour Halakha
 
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