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    Samedi 19 Aout 2017, Yom Chabbate


450. Accepter ou refuser les cadeaux ?
Posté par arale le 12/07/2007 à 08:29:28
Kvod Harabanim

Il m'arrive, comme tout un chacun, de faire des cadeaux à des proches et des non proches et parfois sans raison précise ( mariage, fête...).
Chaque fois me vient à l'esprit ce que Chlomo Hamélèkh nous a dit : " Soné Matanote y'hié ". Et ça me travaille.
Je vois que les receptionnaires des cadeaux sont sincérement contents. Et je me demande si je ne suis pas en train d'enfreindre, d'une certaine manière, "Lifné 'Ivèr Lo Titèn Mikhchol" ? Comme de tendre un verre de vin à un Nazir. D'autant que l'interdit de "Lifné 'Ivèr" (donner la possibilité à son prochain de transgresser un interdit) s'applique aussi au 'Hol ( mauvais conseil).

D'un autre côté je me dis que s'il était interdit de faire des cadeaux cela se saurait. J'ai même vu dans la Guémara Bétsa qu'il est recommandé, si on fait un cadeau à un enfant, de laisser un signe qui permette aux parents d'interroger l'enfant. Ainsi ils savent qui a fait le cadeau. Et Rachi de commenter que cela a pour but de multiplier " 'Hiba Vé Ré'oute bé Israël". Il est vrai que le cadeau est fait à un enfant et pas à un adulte.
Il me semble par ailleurs que dans le 'Houmach les cadeaux ne manquent pas?

Ma question est donc:
Comment se conduire en matière de cadeaux?
Quel est l'impact pratique du "Soné Matanote y'hié" pour le donateur et le réceptionaire?
Par exemple:
Faut-il les limiter aux occasions d'usage (Bar mitsva, mariage...). Ou les multiplier sans excès, sans raison spéciale, par amitié?
Faut-il faire un travail sur soi même pour ne pas se réjouir lorsqu'on reçoit un cadeau, tout en étant sensible au geste du donataire.
Faut-il laisser entendre autour de soi, de manière préventive et dissuassive, qu'on ne manque de rien et qu'on n'aime pas les cadeaux? Etc..

Merci

Réponse donnée par Rav Aharon Bieler le 09/02/2015 à 08:27:07
« Celui qui refuse (littéralement : haï) les cadeaux vivra. » Cette sentence du roi Salomon (1) a été entérinée par nos Sages. (2)
Elle de plus reprise par le Choul’hane ‘Aroukh (3) qui stipule que " c’est une conduite de 'Hassid (pieuse) de refuser les cadeaux ; un homme devra par contre placer toute sa confiance en D. qui subviendra a tout ses besoins comme il est dit Soné Matanote I’hiyé (Celui qui refuse les cadeaux vivra.)

Les commentateurs (4) nous expliquent que cette recommandation est liée à la nature de l’homme. Celui ci, soucieux de sa subsistance et celle de sa famille est constamment en quête d’argent et cherche à profiter des cadeaux d’autrui. Il sera donc amené à transgresser les interdits de flatterie et de flagornerie et s’abstiendra de faire des remontrances (quand elles seront nécessaires) à son prochain. Au contraire, celui qui saura s’abstenir de recevoir des cadeaux et qui placera toute sa confiance en D. Bénéficiera de la vraie vie.

Nous pouvons déjà comprendre qu’il n’y a en fait aucune interdiction véritable à recevoir des cadeaux, mais la recommandation de s’en abstenir.

Il faut maintenant préciser dans quelles circonstances, la recommandation prend effet.

Ainsi, le rama (5) précise :" il est interdit de recevoir des cadeaux a titre de Tsédaka mais si cela est donné en tant que marque de respect, il serra permis d'en recevoir comme il est dit : « celui qui veut profiter d’un cadeau, qu 'il en profite comme Élicha".

D’autre part, il est rapporté dans le Tachbèts (6) qu’il n’est pas dévalorisant pour un sage de recevoir un cadeau mais s'il s'en abstient ce sera un comportement de 'Hassid. Il y a même des cas ou il n'est pas recommandé de refuser un présent. En fait tout dépend de la situation, l’essentiel est d'agir Léchèm Chamaïm (dans l’intention de faire la volonté de D.)

Le Tachbèts poursuit en citant le traité de Bérakhote :" Rava dit celui qui veut profiter (des présent qu’il reçoit) qu'il en profite comme Élicha qui a accepté les dons de la Chounamite, mais a l'opposé , celui qui ne désire pas recevoir des dons de son prochain, qu'il le fasse comme l’a fait Chémouèl Hanavi qui ne profitait pas des dons d'autrui, non pas de façon brutale et orgueilleuse mais parce que partout ou il se rendait il emportait avec lui sa maison (tout ce dont il avait besoin) ».

Le Tachbèts rapporte aussi qu'il y a plusieurs endroit dans le Talmoud ou il est dit qu'un sage a le droit de recevoir des dons ainsi qu’il est mentionné a propos de Rabbi Pin'has ben Yaïr. Celui ci profitait des dons d'autrui, bien que par ailleurs il soit rapporté que de sa vie il n'a jamais dit une bénédiction sur une tranche de pain qui ne lui appartenait pas.

Dans le cas des cadeaux de mariage comme il est largement répandu d’offrir des cadeaux de mariage de plus de cette façon on aide et réjoui le jeune couple. Aussi, refuser le cadeau, pourrait vexer celui qui fait le présent.


Nous pouvons déjà comprendre qu’il n’y a en fait aucune interdiction véritable à recevoir des cadeaux, mais la recommandation de s’en abstenir.

On peut donc déduire que le donateur n'a pas à craindre d’enfreindre l’interdit de « Lifné ‘Ivèr » (donner la possibilité à son prochain de transgresser un interdit) par le fait qu’il permette à une autre personne de recevoir un cadeau et de transgresser à cette occasion la recommandation de refuser les cadeaux.
Il y a même des cas ou il n’est pas recommandé de refuser un don comme nous l’avons vu précédemment. Tout dépend des circonstances.

Kol Touv


1) Michlé 15
2) Guémara Kidouchine 59a
3) ‘Hochène Michpate chap.249 par.5
4) Sm’a chap.249 alinéa 4 et Béèr Étèv chap.249 alinéa 4
5) Yoré Dé’a chap.253 par.1
6) tome 1 chap.144
 
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