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    Lundi 20 Aout 2018, Yom Chéni


432. Kacheroute de la viande
Posté par lio5 le 11/06/2007 à 11:01:00
Kvod Harabanim,

Tout d'abord Kol Hakvod pour la qualite de vos réponses et la rigueur que vous donnez dans leur traitement.
On m'a dit que la viande "Kachèr Rabannoute" en Israel etait litteralement "Matrif èt Hakelim" c.a.d rendait les ustensiles dans lesquels on l'a cuit Tarèf.
J'essaie de rentrer chez moi de la viande "'Halak Bèt Yossèf" mais il m'est arrive d'avoir de la viande Kachèr Stam.
Que dois je faire de mes ustensiles si cela est vrai?
Quant n'est-il du poulet, est-ce qu'un poulet non Méhadrine serait "Matrif èt Hakelim"?

Et derniere question qui j'en suis sure je ne suis pas le premier à la poser: est-ce à dire que la viande "Kachèr Rabannoute" (en Israel) serait "Tarèf" et donc les Rabbanim responsables de cet Rabbanoute "Rachite" transgresseraient un "Lifné 'Ivèr Lo Titèn Mikhchol" ?

Merci pour votre attention et réponse

Réponse donnée par Rav Meir Cahn le 09/07/2007 à 17:44:46
Déterminer la valeur d’un organisme de Ché’hita, ou d’une manière générale le degré de Kacheroute d’un produit alimentaire, et donc définir le degré de fiabilité de l’organisme qui atteste de cette Kacheroute, est une question complexe, à laquelle il n’est pas aisé de répondre. Nombreuses sont les données qui entrent dans cette équation, et il est souvent bien hasardeux de tenter de les cerner.

Ainsi il faut savoir qui est le Rav Possèk (le Rav qui est chargé de donner les directives halakhiques et qui résout les Chéélote, les problèmes qui surgissent continuellement en cours de travail). Quel est son degré d’érudition, la qualité de son jugement, sa Ir-ate chamaïm (crainte du Ciel), son engagement professionnel, etc. ?

Qui sont ses Cho’hatim (abatteurs rituels), quelle est leur Ir-ate chamaïm, la qualité de leur travail et combien lui sont ils dévoués ? Quelles sont les conditions dans lesquelles ils travaillent, et dans quelle mesure celles-ci permettent-elles d’obtenir un produit dont la Kacheroute ne sera pas à remettre en question ? Sont-ils en nombre suffisant par rapport à la quantité de bêtes à abattre ?

Les mêmes questions seront à soulever pour les Bodkims (vérificateurs). Et pour les Machgui’him (surveillants) également, qui auront à assurer le respect des normes de Kachrout, depuis la préparation des produits, leur conditionnement, leur mise en emballage, jusqu’aux conditions de leur acheminement et de leur entreposage, etc.

Quelles ont été les conditions d’élevage des bêtes, quels traitements vétérinaires ont-elles subies, et dans quel état de santé arrivent-elles aux abattoirs ? Etc., etc…

Ces nombreuses questions réclament des réponses précises et professionnelles. Ces dernières ne peuvent en aucun cas être fournies avant d’avoir maîtrisé l’ensemble des paramètres concernés.

Sur les marchés se trouvent des produits supervisés par des dizaines de labels « Kacheroute Rabbanoute ». Le degré de fiabilité de ceux ci reste fort variable. Ca ne sera qu’après avoir apporté la réponse à ces questions, qu’il sera possible de déterminer la valeur d’une Kacheroute.

Une viande « ‘Halak Bèt Yossèf » est certainement préférable à celle qui ne l’est pas. Pour de nombreuses communautés Séfarades, seule cette viande pourra être consommée (1). Mais faut-il encore savoir qui atteste de cette « qualité », et quels sont les critères et les références selon lesquels il détermine sa Kacheroute.

Une viande qui n’est pas ‘Halak Bèt Yossèf n’en est pas pour autant Tarèf. C’est une viande qui est consommée par ceux qui n’exigent pas cette ‘Houmra et ils ne seront pas à répudier pour autant (2).

Il est important néanmoins, de s’assurer que sur tous les autres points cette viande répond aux critères de Kacheroute adéquats. Ceci est valable aussi pour la viande de poulet, pour laquelle la qualité de ‘Halak n’est pas éxigée (leurs poumons étant généralement intacts).


Une personne qui ne consomme que de la viande « ‘Halak Bèt Yossèf » devra donc s’en tenir à son Minhag (sa coutume). Elle devra également s’abstenir de consommer tout plat dont l’un des composants serait de la viande non ‘Halak, ou qui aurait été cuit dans un récipient où cette dernière avait été également mise à cuire (3).
Cependant, les ustensiles dans lesquels de la viande non ‘Halak a été cuite ne nécessiteront pas de Hag’ala (d’ébouillantage) et pourront donc servir à la préparation d’aliments qui seront servis aux personnes suivant la coutume plus rigoureuse (4).

Kol Touv


1) Voir le Choul’hane ‘Aroukh, Yoré Dé’a chap. 39 par. 10, le Kaf Ha’haïm, ad. loc. par. 221, le Ziv’hé Tsédèk, par. 190, le Choute Torote Emèt, ad. loc. par. 5, le Choute Yabi’a ‘Omèr, tome 5 Yoré Dé’a chap. 3 par. 1
2) Voir le Rama, ad. loc. par. 1 et par. 13, le Taz, ad. loc. alinéa 17, le Chakh, ad. loc. alinéa 34, le Kaf ha’haïm, ad. loc. par. 246
3) Choute Yaskil ‘Avdi, tome 2 chap. 8, Choute ‘Hazone ‘Ovadïa, tome 1 par. 30
4) Choute Yachiv Moché, page 101, au nom du Rav Eliyachiv Chalita, Chout Yabïa ‘Omèr, tome 5 Yoré Dé’a chap. 3 à la fin du par. 2
 
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