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    Samedi 07 Décembre 2019, Yom Chabbate


211. Un dialysé et la "Téfila chèl Yad"
Posté par mhibou le 06/08/2006 à 10:53:02
Bonjour,

Je suis médecin et je connais un patient insuffisant rénal qui vit grâce à la dialyse (3 fois par semaine) grâce à une fistule au bras gauche.
Cette personne porte les Téfiline (Il est droitier). Il a eu plusieurs thromboses de sa fistule.
Le garrottage du bras est un facteur favorisant la thrombose (Il se trouve que le néphrologue, qui ne sait pas qu'il met les Téfiline, lui a dit que faire "un garrot" est un facteur de thrombose de sa fistule.)
A chaque fois il faut l'opérer (plus de 4 opérations en deux ans)

Sachant que la mise des Téfilin sur le bras peut être un facteur favorisant la thrombose (mécanisme qui entraîne l'obstruction de la fistule et la nécessité d'opérer a nouveau le bras)
Le "capital" de possibilités de mise en place de fistule sur un bras est limité.
En partant du principe qu'on ne peut lui faire de fistule artério-veineuse sur son bras droit, peut-il mettre la « Téfila » sur le bras droit, ou doit il continuer à la mettre sur le bras gauche en sachant qu’il ne fera que l’enfiler sans faire les tours de lanière ?

Merci

Réponse donnée par Rav Meir Cahn le 06/08/2006 à 18:37:18
La "Téfila Chèl Yad" (La "Téfila" est le singulier de "Tefiline",le phylactère attaché au bras), sera porté sûr le bras gauche (1). Le bras droit n’étant pas - pour un droitier - adapté à la Mitsva, les y attacher n’aura aucune valeur, même Bédi’avad (à posteriori) (2). Dans le cas où le fait de serrer les lanières aurait un effet préjudiciable à la santé, tel que dans le votre, il serait possible de modifier légèrement la manière d’enrouler la lanière autour du bras, afin d’en alléger la compression.

Ainsi, les personnes qui suivent le Minhag (la coutume) d’entourer la Titoura (la partie inférieure et saillante des Téfiline), avec la lanière, de manière à ce que la Téfiline soit resserrée de ses deux côtés, pourront s’en passer (3).
De même, il sera possible de ne pas entourer la Ma’avarta (la partie inférieure et saillante des Téfiline, mais du côté où passe la lanière), pour ceux qui ont le Minhag de le faire afin de resserrer le Kéchèr (le nœud) du Youd à la Téfiline (4).

Certains encore ont le Minhag d’entourer le bras trois fois avec la lanière, au-dessous des Téfiline, de manière à dessiner la lettre Chine (5). La source et le bien fondé de ce Minhag étant controversé, il sera préférable, en temps normal, de ne pas le suivre – Chèv Véal Ta’assé ‘Adif (6). Dans le cas étudié, où tout est à faire pour pouvoir accomplir la Mitsva de Hana’hate Téfiline (la pose des phylactères) sans risquer de porter préjudice à la santé, ce Minhag, incontestablement, ne sera pas suivit.

Le "Minhag Ha’olam" (la coutume habituelle) est d’enrouler sept fois les Rétsou’ote (les lanières) autour de l’avant-bras (7), ou même huit fois (8). Bien que cette coutume soit notée par le Choul’hane ‘Aroukh (9), et qu’elle soit répandue dans toutes les communautés d’Israël, le nombre de rotations à effectuer avec les Rétsou’ote, n’a pas été mentionné par les Richonim (les Décisionnaires Anciens) (10).

Plus encore, ces dernières – relevant donc du Minhag Ha’olam – ne sont pas considérées par tout les décisionnaires comme faisant partie intégrante de la Mitsva de Hana’hate Téfiline (11).

Pour les autres décisionnaires, elles sont estimées comme n’étant qu’une Mitsva Lékhaté’hila (à priori), mais pas une Mitsva à part entière (12). Il ressort donc, qu’en cas de force majeur, il sera possible de limiter le nombre des Kérikhote (les rotations des lanières) autour du bras, voire de s’en abstenir entièrement. Dans ce cas, il conviendra, après avoir attaché la Téfila au bras, de faire passer la lanière directement à la main et au doigt.

Notons néanmoins, que l’accomplissement de la Mitsvat Hana’hate Téfiline (de la pose du phylactère) requière le resserrement suffisant de la Téfiline par sa lanière, de manière à ce que la Téfiline soit maintenue en place sans risquer de se déplacer (13). Ce maintient sur le bras ne sera valable que s’il est assuré par le resserrement de la lanière, et non par un moyen autre (14), tel que l’enveloppe de la manche par exemple.

Précisons toutefois, que si le serrement doit être suffisant, il n’est pas nécessaire de serrer outre mesure et certainement pas d’en arriver a un effet de garrot.

Le Minhag est de porter les Téfiline, le matin pour la Kéryate Chéma’ (le récit du Chéma) et la Téfila (la prière) (15).
Généralement, on les attachera avant ou après les Birkote Hachakhar (les bénédictions du début du jour) (16), et on les conservera jusqu’à la fin de l'office (17). Cependant, si la durée du port de la Téfiline pose également un problème médical, il sera possible de la raccourcir, et de ne poser les Téfiline que pour la Kéryate Chéma’ et la Téfilate Chémoné ‘Esré (la ‘Amida) (18). Sa Bérakha (la bénédiction) sera récitée à ce moment (19). S’il était indispensable de la raccourcir encore, on ne les portera que pour le récit de la Kériate Chéma (20).


Prions qu’ Hachèm vous envoie une prompte Réfoua Chéléma,

Kol Touv.


1) Guémara Ména’hote 36b; Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 27 par. 1.
2) Voir le Choute Maharam Mirotènbourg, chap. 12, qui rapporte le Rabbénou Yoèl Halévy, le Baèr Hétèv, Ora’h ‘Haïm chap. 27 alinéa 1 au nom du ‘Houte Hachani, et le Michna Béroura, chap. 27 alinéa 1, se référant aux A’haronim. Voir également le Michna Béroura, ad. loc. alinéa 6, 24, ainsi que 18 et le Maguèn Avraham, ad. loc. alinéa 6, qui permet de porter le Téfiline sûr un pansement, lorsqu’il n’est pas possible de le retirer, mais ne prévoit pas la possibilité de le poser sûr le bras droit. Voir également le Choute ‘Hèlkate Ya’akov, Ora’h ‘Haïm chap. 6, et le Choute Min’hate Yts’hak tome 2 chap. 46. Voir par ailleurs le Choute Bèt Ya’akov, chap. 149 qui examine l’éventualité que Bédi’avad, selon le Rama, on serait quand même Yotsé. Le Zékhor Léavraham, tome 1 Ma’aré’Hèt Téfiline page 163, soutient cet avis, mais le Cha’aré Téchouva, Ora’h ‘Haïm chap. 27 alinéa 1, le repousse.
3) Le Rama, Ora’h ‘Haïm chap. 27 par. 8, repousse ce Minhag. Voir aussi le Lévouche, idem, le Taz, ad. loc. alinéa 9, le ‘Atérèt Zékénim, ad. loc. alinéa 4, le Maguèn Avraham, ad. loc. alinéa 14, le Elia Raba, ad. loc. alinéa 9, le Péri Mégadim, dans Michbétsote Zahav ad. loc. alinéa 9 ainsi que dans Echèl Avraham ad. loc. alinéa 14, et le Michna Béroura, ad. loc. alinéa 32. Voir aussi le Kaf Ha’haïm, ad. loc. chap. 25 alinéa 67, et chap. 27 alinéa 13 et 26.
4) Voir le Bahèr Hétèv, Ora’h ‘Haïm chap. 27 alinéa 15, le Cha’aré Téchouva, ad. loc. alinéa 15, et le Kaf Ha’haïm, ad. loc. alinéa 13 et chap. 25 alinéa 67.
5) Cha’aré Téchouva, Ora’h ‘Haïm chap. 27 alinéa 8, Elia Raba, ad. loc. alinéa 8, Péri Mégadim, ad. loc. Echèl Avraham alinéa 13, Kaf Ha’haïm, ad. loc.
6) Voir le Cha’aré Téchouva, ad. loc, le Choute Harachbats tome 3 chap. 118, le ‘Hida dans Birké Yossèf chap. 25 alinéa 9 et dans Ma’hzik Bérakha chap. 25 alinéa 8, Rabbi ‘Haïm Falladgi dans Choute Lev ‘Haïm tome 2 chap. 143, le Michna Béroura chap. 27 alinéa 31 et le Kaf Ha’haïm, chap. 25 alinéa 67.
7) Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 27 par. 8, Maguèn Avraham, ad. loc. alinéa 13, Michna Béroura chap. 27 alinéa 31, Cha’ar Hakavanote du Ari Zal, Darouch 5, Drouché Hatéfiline. Voir aussi le ‘Aroukh Hachoul’hane, Ora’h ‘Haïm chap. 27 par. 19.
8) Kaf Ha’haïm, chap. 27 alinéa 35, au nom du Bèn Ich ‘Haï, Parachate Vaéra par. 15, ceci étant la coutume Séfarade.
9) Ora’h ‘Haïm chap. 27 par. 8.
10) Bèt Yossèf, Ora’h ‘Haïm chap. 27, fin du paragraphe intitulé Véharétsou’a, et le Biour Hagra, ad. loc. alinéa 23.
11) Voir le Tour, Ora’h ‘Haïm chap. 25 au nom du Roch, et le Bèt Yossèf, ad. loc. paragraphe intitulé Véraïti, mentionnant le Choute Haroch (Klal Guimèl par. 2) et le Ri au nom des Richonim. Apparemment, tel est également l’avis du Choul’hane ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm chap. 25 par. 11, qui stipule que la Téfiline Chèl Roch (le phylactère posé sûr la tête) sera placé immédiatement après avoir attaché le Chèl Yad (le phylactère du bras), avant même d’avoir effectué les rotations autour du bras. Voir aussi le ‘Hévate Yaïr, dans Mékor ‘Haïm. Par contre, nombreux sont ceux qui pensent que les Kérikhote sont considérées comme faisant partie de la Mitsva. Ainsi pensent le Maharil, le Ari Zal, voir le Taz, ad. loc. alinéa 9, et le Maguèn Avraham, ad. loc. alinéa 18, le Birké Yossèf, ad. loc. alinéa 10, le Elia Raba, ad. loc. alinéa 16, le Maamar Mordékhi, ad. loc. alinéa 11, ainsi que le Michna Béroura, ad. loc. alinéa 38.
12) Le Ari Zal dans Cha’ar Hakavanote, rapporté par le Michna Béroura, ad. loc. Voir les autres références de la note précédente.
13) Voir le Rambane ‘Al Hatora, Dévarim chap. 6 par. 8, le ‘Aroukh Hachoul’hane, Ora’h ‘Haïm chap. 25 par. 8 et le Michna Béroura alinéa 27 et 38.
14) Echèl Avraham, Av Bèt Din de Boutchatch, chap. 44 par.1.
15) Voir le Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 25 par. 4et 13, ainsi que chap. 37 par. 2.
16) Voir le Choul’hane ‘Aroukh, ad. loc. chap. 25 par. 3 ainsi que le Michna Béroura, ad. loc. alinéa 13.
17) Choul’hane ‘Aroukh, ad. loc. par. 13 ainsi que le Michna Béroura, ad. loc. alinéa 55 et 56.
18) Voir le Choul’hane ‘Aroukh, ad. loc par. 4 et chap. 37 par. 2.
19) Voir le Choul’hane ‘Aroukh, ad. loc. chap. 38 par. 2, chap. 66 par. 2, et chap. 80.
20) Michna Béroura, chap. 38 alinéa 9, et chap. 80 alinéa 4.
 
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