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    Samedi 07 Décembre 2019, Yom Chabbate


136. Prélèvement de 'Halla et congélateur
Posté par nathane le 26/05/2006 à 14:41:15
Je voudrai savoir dans le cas où l'on petrit environ pour 1.2 kg et que l'on préléve sans Bérakha et que la semaine d'aprés on fait la meme chose c-a-d on petrit encore 1.2 kg et on preleve sans Bérakha
Faut-il refaire un prélèvement si le tout est dans un congélateur?
Quelle est la facon la plus Méhoudar de prélèver lorsque l'on petrit moins de 2.2 kg mais plus que 1kg ?

Merci à vous

Réponse donnée par Rav Meir Cahn le 04/07/2006 à 19:45:27
¤ D’une pâte, pétrie avec l’une des cinq céréales (le blé, l’orge, l’avoine, l’épeautre ou le seigle), sera prélevée la ‘Halla. Le Chi’our (la quantité) de pâte, à partir duquel commence le ‘Hi’ouv (le devoir) de prélever la ‘Halla, est l’équivalent du volume de quarante trois Bétsim (œufs) et un cinquième (1).

Le Chi’our de la ‘Halla sera calculé en fonction du volume - et non pas du poids (2) - de la farine avec laquelle a été confectionnée la pâte (3).

Pour simplifier l'estimation du Chi’our de la ‘Halla, les Poskims (décisionnaires) ont calculés l’équivalent de ce volume, en poids de farine.

Ainsi selon certains, le Chi’our (minimum) à partir duquel sera prélevée la ‘Halla, sans Bérakha (bénédiction), est de 1.050 kg. (4). Selon d’autres, prélever sans Bérakha s’effectuera à partir de 1.200 kg (5). Ce ne sera qu’à partir de 1.615 kg. qu’il conviendra de prélever, selon le Minhag (la coutume) courant, sans Bérakha (6).

Quand au prélèvement avec Bérakha, il s’effectuera lorsque la pâte aura été pétrie avec 1.660 kg. de farine, ou plus (7). Certains ne prélèveront avec Bérakha qu’à partir de 2.250 kg. (8).


¤ Deux pâtes ou deux pains (ou pâtisseries) qui, séparément, n’ont pas le « Chi’our de Hafrachate ‘Halla » (mesure nécessaire pour prélever la ‘Halla), mais dont le poids combiné arrive au « Chi’our », ou le dépasse, lorsqu’ils seront disposés dans un même récipient, celui-ci les « unira » et l’on pourra prélever la ‘Halla. C’est ce qui s’appelle « Tsirouf Sal » (l’union par le panier) (9).
Selon certains, cette union sera réalisée même si les pâtes sont disposées, dans ce récipient, à distance l’une de l’autre (10). D’autres estiment qu’elles devront se toucher pour qu’il y ait le « Tsirouf Sal », mais sans devoir être collées. Par contre, disposées à distance elles ne seront pas unies (11). Il faudra donc veiller – si l’on veut avoir un « Tsirouf Sal » – à ce que les pâtes, ou les pains, se touchent (12).
Les déposer au congélateur, dans des sachets en plastique différents, est donc problématique, car même s’ils ou elles se touchent, les sachets pourraient être considérés comme étant des récipients distincts (13).

De même, si ces deux pâtes se touchent, de manière à ce qu’elles se trouvent être collées légèrement, elles seront « unies » de cette manière, même sans avoir été placées dans un même ustensile, donc sans « Tsirouf Sal ». Cela s’appelle « Tsirouf Al Yédé Néchikha » (l’union par la morsure) (14).

Un ustensile qui est cloisonné, de manière à ce que les pâtes auxquelles il aurait pu conférer le Dine de « Tsirouf Sal », se trouvent être séparées, ne pourra désormais plus faire ce « Tsirouf Sal ». Il en sera de même lorsqu’il recèlera un contenu autre que les dites pâtes, et qui serait disposé entre elles, de manière à les séparer (15). Certains pensent néanmoins, que le cloisonnement ne fera pas obstacle au « Tsirouf Sal » (16).


¤ Est-ce que le congélateur pourrait être considéré comme étant un récipient, de manière à ce qu’il puisse conférer le Dine de « Tsirouf Sal », et permettre l’union de pâtes pour prélever la ‘Halla ?
Il y a lieu de s’interroger. En effet, un four par exemple (il s’agit d’un four ancien, tel qu’il était connu à l’époque du Talmud), qui est en fait un « récipient », n’est pas considéré comme tel pour pouvoir conférer le Dine de « Tsirouf Sal » (17).
Certains pensent que la raison en est, qu’étant « Mé’houbare Lékarka’ » (fixé au sol), et donc immobile, il ne peut être considéré comme étant un Kéli (ustensile), mobile par définition. De plus il n’est pas évident non plus, qu’un placard, fixé au mur, puisse faire office de récipient pour pouvoir conférer un « Tsirouf Sal » (18).

C’est ce qui a amené le Rav C. Z. Auerbakh Zatsal, à trancher qu’un congélateur ne pourra faire de « Tsirouf Sal » que « Lé’houmra », et donc qu’il serait conseillé de prélever sans Bérakha (bénédiction) (19).

Le Rav Elyachiv Chalita fait la distinction entre un congélateur compartimenté (en étagères ou en tiroirs), ou les pâtes des différents compartiments seront « unies », mais seulement « Lé’houmra », c'est-à-dire qu’il faudra prélever la ‘Halla sans Bérakha. Cependant, si par la suite, les dites pâtes se trouvaient être réunies, dans un autre « récipient », il faudra à nouveau prélever – « Lé’houmra » – toujours sans Bérakha.
De même, on prélèvera la ‘Halla lorsque des pâtes se trouvent dans un même compartiment, et ensemble arrivent au Chi’our de ‘Halla.
Si le congélateur n’est pas compartimenté, il pourra conférer le « Tsirouf Sal », et il faudra prélever avec Bérakha. Ceci à condition que le gabarit de ce congélateur ne dépasse pas « Arba’im Séa », soit 332 litres, ou 648 litres, selon les avis (20).


¤ Si une pâte a été pétrie avec une mesure de farine qui n’arrive pas au Chi’our nécessitant une Bérakha (et donc de laquelle a été prélevée la ‘Halla sans Bérakha), et qu’ensuite une deuxième pâte a été pétrie, avec une mesure semblable de farine, et de laquelle a été prélevée la ‘Halla de la même manière et si ultérieurement les deux pâtes se retrouvent dans un même congélateur - de manière à ce qu’il leur confère un « Tsirouf Sale » tel que ci-dessus discuté - il faudra reprendre la ‘Halla, sans Bérakha (21).

Kol Touv.

(1) Choulkhane ‘Aroukh, Yoré Dé’a chap. 324 par. 1 et 2. Selon certains, le Chi’our est de 44 Bétsim ; c’est l’avis du Rokéa’h, du Maguèn Haélèf, et du Kaf Ha’haïm, Ora’h ‘Haïm chap. 456 alinéa 7.
(2) Rambam, Pirouch Hamichnayote, ‘Halla Pérèk 2 Michna 6, tel est également l’avis du Kol Bo, du Tachbèts, du Lévouch, du Péri ‘Hadach, Yoré Dé’a chap. 99 alinéa 6, du Michna Béroura, chap. 456 alinéa 3 ; et c’est le sen simple du Choulkhane ‘Aroukh, ad. loc. ainsi que dans Ora’h ‘Haïm chap. 456 par. 1. Voire aussi le ‘Hazon Ich, Ora’h ‘Haïm chap. 39 alinéa 6, et le Kaf Ha’haïm chap. 456 par. 1 et chap. 168 par. 45.
(3) L’eau et les autres ingrédients ne sont pas inclus dans le Chi’our, voire le Choulkhane ‘Aroukh, ad. loc. ; le Biour Hagra, Yoré Dé’a ad. loc. alinéa 2, ainsi que Ora’h ‘Haïm chap. 456 alinéa 5 ; le Choute ‘Hatam Sofèr, Ora’h ‘Haïm chap. 127, passage intitulé Akh, le Hone ‘Achire Pérèk 2 Michna 6 ; voire également le Dvar Chaoul chap. 16 alinéa 6. Le volume de la pâte n’aura non plus pas d’incidence sûr le calcul du Chiour ‘Halla, voire le Choute Haroch, Klal 2 chap. 14, Choute Harachba tome 1 chap. 461, le Choul’hane ‘Aroukh, Yoré Dé’a ad. loc. par. 13 ; voire aussi le ‘Hidouché Hagra’h Halévi, Bikourim Pérèk 6 Michna 19.
(4) C’est le Chi’our selon le Rav Tikotchinski zatsal. dans son livre Érèts Israël, ‘Erèkh ‘Halla, par. 2.
(5) Tel est le Chi’our selon le ‘Hazon Ich zatsal.
(6) C’est l’avis de Rav ‘Haïm Naé zatsal. dans Chi’ouré Tora chap. 3 par. 3 [qui ajoute néanmoins qu’il convient d’être Ma’hmir (scrupuleux) au-delà du la Halakha stricte, et de prélever dés 1250 kg.] .1615 kg. est également le Chi’our retenu par le Rav ‘Ovadia Yossèf Chalita, dans Choute Yé’havé Da’ate, tome 3 chap. 55.
(7) Rav ‘Haïm Naé zatsal. dans Chi’ouré Tora chap. 3 par. 3, et c’est le Minhag Yerouchalaïm. [Nous avons entendus le témoignage d’un Moré-Horaa (Rav décisionnaire), à qui le Rav Eliachiv Chalita a précisé que ceci était le Chi’our à suivre, en ajoutant que « c’était le Chi’our qui a été suivit par les Béné-Israël depuis Matane Tora (le don de la Tora)]. C’est également l’avis du Rav ‘Ovadia Yossèf Chalita, dans Choute Yé’havé Da’ate, tome 3 chap. 55 (1.666 kg. et un demi gramme).
Selon le Rav Tikotchinsky zatsal, le Chi’our sera de 1.570 kg.
(8) C’est le Chi’our selon le ‘Hazon Ich zatsal. Notons également l’avis du Bèn Ich ‘Haï, Channa 1 Parachate Chémini, selon lequel le prélèvement avec Bérakha ne sera effectué qu’à partir de 2.487 kg. C’est un Chi’our qui apparemment n’est pas suivit. Le Bèn Ich ‘haï mentionne également un autre Chi’our - 1.750 kg. – celui-ci correspondant au Min’hag des Juifs de Syrie et du Yémèn.
(9) Choulkhane ‘Aroukh, Yoré Dé’a chap. 325 par. 1, et Ora’h ‘Haïm chap. 457 par. 1.
(10) Taz, Ora’h ‘Haïm chap. 457 alinéa 2.
(11) Chakh dans Nékoudate Hakéssèf chap. 326 par. 1, voire le ‘Hok Ya’akov chap. 457 alinéa 7, le Gra, Yoré Dé’a chap. 325 alinéa 3, ainsi que le Bèt Méïr Yoré Dé’a chap. 325 par. 1.
(12) Michna Béroura, Ora’h ‘Haïm chap. 457 alinéa 7, et Cha’ar Hatsyoune alinéa 9. Voire encore le Dérèkh Émouna, Bikourim chap. 6 alinéa 137, et aussi le Kaf Ha’haïm, Ora’h ‘Haïm chap. 457 alinéa 21.
(13) Rav C. Z. Auerbach Zatsal, mentionné par le Chémirate Chabbat Kéhilkhato, tome 2 chap. 42 alinéa 39. Voire aussi le Choute Ma’hazé Avraham, chap. 111.
(14) Choulkhane ‘Aroukh, Yoré Dé’a chap. 325 par. 1.
(15) C’est l’avis du ‘Hallate Lé’hèm, qui estime que même selon les Poskim (décisionnaires) qui pensent qu’il n’est pas nécessaire que les pâtes se touchent directement pour obtenir un « Tsirouf Sal », malgré tout si elles étaient séparées par un quelconque objet (voir le Choulkhane ‘Aroukh, Yoré Dé’ah chap. 324 par. 6), le « Tsirouf
Sal » deviendrait inapplicable.
(16) Voir le Da’ate Tora Yoré Dé’a chap. 57 par. 35.
(17) Bi’our Hagra, Yoré Dé’a chap. 325 fin de l’alinéa 3. Voire encore le Bèn
Ich ‘Haï, Ora’h ‘Haïm chap. 457 alinéa 22.
(18) Voir le Ma’adané Chémouel, Hilkhote Péssa’h fin de chap. 115, Diné ‘Halla
alinéa 4.
(19) Ramené par le Chémirate Chabbat Kéhilkhato, ad. loc.
(20) Ramené par le Halikhote Sadé 133, page 17.
(21) Le devoir de reprendre ‘Halla résulte du fait, que les deux prélèvements effectués antérieurement n’était qu’avec un « Safek ‘Hïouv », puisque le Chi’our de farine n’était pas complet, et que par ailleurs, le « Tsirouf Sal » conféré par le congélateur, ne génère qu’un prélèvement « Missafèk » (suite à un doute), donc sans Bérakha.
 
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